Je vis seule,
Mais mon coeur n’est pas désert.
Il est peuplé de visages,
De tout ce que j’ai aimé
Et de tout ce que j’ai perdu.
Je vis seule.
Je ne suis plus l’enfant
Qui attend qu’on la découvre.
Je suis la femme
Que la vie a scultée,
Faite de tendresse et de cicatrices,
De combats silencieux
Et de renaissances discrètes.
Je marche avec mes ombres,
Je respire avec mes lumières.
Je porte mes blessures
Comme on porte des bijoux anciens :
Fragiles, précieux,
Témoins d’un temps révolu.
Parfois, je rêve encore
D’un pas qui s’accorde au mien,
D’une présence qui ne cherche pas
À me changer,
Mais à m’accompagner.
Quelqu’un qui saurait entendre
Mes silences,
Et aimer la femme que je suis
Autant que celle que j’ai été.
Je ne sais pas si ce jour viendra.
Mais j’ai laissé en moi
Un espace doux,
Un refuge tranquille,
Où l’amour pourrait revenir.
Et en attendant,
Je vis.
Je respire.
Je me relève.
En silence,
Mais avec une force
Que plus rien ne peut briser.
